Sequence 1 : Les Lumières.

I Recherches Personnelles

                                       

1) D’où vient le terme des « Lumières » ? Que désigne-t-il ai XVIIIème siècle ?

 

               Le mot « Lumières » est une métaphore choisit par les philosophes pour éclairer les hommes sur la raison. Grâce à ces lumières, on va lutter contre l’aveuglement des préjugés, les croyances absurdes et les superstitions.

 

2) Qui sont Bougainville et La Pérouse ?

 

               Bougainville est un navigateur et explorateur français et La Pérouse est un officier de marine et un explorateur. Ils ont tous les deux participés à la guerre d’indépendance de l’Amérique. Bougainville est le premier navigateur français à faire le tour du monde. Cela va permettre de découvrir d’autres civilisations, d’autres façons de penser et d’autres manières de l’organisation civile. Il a aussi été envoyé par le roi Louis XVI pour rapporter de nouveaux produits.

 

 3) Citez trois inventions techniques ou scientifiques du XVIIIème siècle.

 

               L’ascenseur a contre poids, les degrés F°, le métier a tisser, la cloche a plongeur, la Montgolfière, le paratonnerre, la carte de France, boite de conserve, marque Buffon, la pile, le chronomètre, le classement des êtres vivants, … On constate de nombreuses inventions diverses notamment technique et scientifiques. La science devient importante au XVIIIème siècle.

 

 4) Citez au moins trois thèmes essentiels des Lumières. Pourquoi la science est-elle si importante aux yeux des philosophes des Lumières ?

 

               La science est importante pour les philosophes des Lumières pour permettre d’éclairer l’esprit pour mieux comprendre le monde dans lequel on vit. Les thèmes essentiels aux Lumières sont le regard de l’autre, la tolérance et la raison, l’égalité et la justice, le bonheur naturel.

 

5) Que contient l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert ? En combien de temps a-t-elle été rédigée ?

 

               L’encyclopédie regroupe des connaissances de l’époque. Son sous titre est « dictionnaire des sciences des arts et des techniques ». Il a fallut 21 ans pour écrire cet ouvrage de 17 volumes et 160 rédacteurs dont la direction a été donné à Diderot et d’Alembert. On retrouve aussi Voltaire, Rousseau, … dans l’écriture de l’Encyclopédie.

 

II Document complémentaire.

 

  • Page 242, DIDEROT, Encyclopédie, « Autorité politique » (document complémentaire)

 

Autorité Politique

      Aucun homme n’a reçu de la nature le droit de commander aux autres. La liberté est un présent du Ciel, et chaque individu de la même espèce a le droit d’en jouir aussitôt qu’il jouit de la raison. Si la nature a établi quelque autorité, c’est la puissance paternelle : mais la puissance paternelle a ses bornes ; et dans l’état de nature, elle finirait aussitôt que les enfants seraient en état de se conduire. Toute autre autorité vient d’une autre origine que la nature. Qu’on examine bien et on la fera toujours remonter a l’une de ces deux sources : ou la force et la violence de celui qui s’en est emparé ; ou le consentement de ceux qui s’y sont soumis par un contrat fait ou supposé entre eux et celui à qui ils on déféré l’autorité.                                                                                                                                                                                                                                                                                                          
      La puissance qui s’acquiert par la violence n’est qu’une usurpation et ne dure qu’autant que la force de celui qui commande l’emporte sur celle de ceux qui obéissent : en sorte que , si ces derniers deviennent a leur tour les plus forts, et qu’ils secouent le joug, ils le font avec autant de droit et de justice que l’autre qui le leur avait imposé. La même loi qui a fait l’autorité la défait alors : c’est la loi du plus fort.                                                                                                                                            
      Quelquefois l’autorité qui s’établit par la violence change de nature ; c’est lorsqu’elle continue et se maintient du consentement exprès de ceux qu’on a soumis : mais elle rentre par là dans la seconde espèce dont je vais parler et celui qui se l’était arrogée devenant alors prince cesse d’être tyran.
      La puissance, qui vient du consentement des peuples suppose nécessairement des conditions qui en rendent l’usage légitime, utile à la société, avantageux à la république, et qui la fixent et la restreignent entre des limites ; car l’homme ne doit ni ne peut se donner entièrement sans réserve a un autre homme, parce qu’il a un maître supérieur au-dessus de tout, à qui seul il appartient tout entier. C’est Dieu, jaloux absolu, qui ne perd jamais de ses droits et ne les communique point.                                  

 

  1. Quelles sont les deux principales formes de gouvernement définies par Diderot dans son article ? Comment explique-t-il leur existence ?

 

D’un coté, il y a l’autorité du tyran et de l’autre, l’autorité de la République. Mais Diderot va distinguer le tyran et le prince et va les opposer. En effet, l’autorité du prince est obtenue par alliance et fini par obtenir le consentement du peuple alors que le tyran acquiert son pouvoir par la violence « la puissance qui s’acquiert par la violence n’est qu’usurpation » « c’est la loi du plus fort ». Un prince à des limites à son pouvoir respecte Dieu, la liberté des peuples et les lois : « ils le font avec autant de droit et de justice que l’autre qui le leur avait imposé » contrairement au tyran. C’est ainsi qu’il oppose le despotisme à la monarchie absolue mais tempérée par les lois et les soucis du bien public.

 

 

2. NOTION. Quelles sont les valeurs défendues par Diderot ? Relevez et classez les termes qui défendent ou condamnent les formes de gouvernement.

 

La liberté, la justice, la raison, sont les valeurs défendue par Diderot. On le voit par : « la liberté est un présent du ciel et chaque individu de la même espèce à le droit d’en jouir aussitôt qu’il jouit de la raison » Il défend aussi la légitimité et condamne la violence et la tyrannie. Ainsi, il réclame un état de droit et ces idées amèneront à la Révolution.

 

 3) Etudiez la définition de l’autorité proposée dans les lignes 1 à 6. Sur quelle affirmation repose-t-elle ?

 

Diderot affirme que la liberté est un droit inaliénable mais admet une seule exception, « l’autorité paternel » car il estime qu’un enfant n’a pas totalement l’usage de la raison. Il est habile de commencer par une phrase affirmative sous forme de définition car c’est un gage de sérieux. De plus, jamais il ne mentionne « monarchie absolue » Ainsi, la liberté est au cœur des philosophes des Lumières.

 

4) En vous appuyant sur le contexte historique de l’Encyclopédie, expliquez pour quelle raison Diderot se sent tenu de reconnaître l’autorité divine à la fin du passage.

On ne pourra pas lui reprocher de défendre l’athéisme car en reconnaissant l’autorité divine, il veut éviter la censure.

 

5) Sur le même modèle, rédigez un article qui prendra pour terme le mot « citoyenneté »

 

La liberté est un droit donné à chaque individu naissant sur terre et personne n’a reçut le droit de diriger des individus de son espèce.

 

NOTION : L’article argumentatif

L’écrivain philosophe prend position sur les sujets qui suscitent la polémique ou le débat. Il adopte des formes variées : essai littéraire ou philosophique, conte ou roman, lettre ouverte. Il utilise également l’article du dictionnaire pour communiquer ses opinions au public.

 

 

III Etude de texte pour l’Oral

 

1)      L’argumentation indirecte au service des lumières

 

 Lecture analytique :

 

Quels sont les points communs entre tous ces textes ?

 

          Ces quatre textes ont des thèmes communs, il y a le thème de l’esclavage dans les textes 2, 3,4, et le thème de la supériorité qui ne fait pas l’essentiel. L’argumentation indirecte est présente dans les quatre textes, l’auteur se cache derrière un ou des personnages et derrière une histoire pour contourner la censure. 

Dans le texte 1, les savants se croient supérieurs aux autres d’avoir découvert une dent d’or alors que c’est une fausse. C’est à partir d’une anecdote que Fontenelle veut faire passer un message pour raisonner les hommes.  Dans le texte 2, l’homme se croit supérieur à la femme, la crois alors soumise a lui mais finalement elle le trompe.  Dans le texte 3, le maître se croit supérieur à l’esclave. Enfin, dans le texte 4, les hommes refusent l’esclavage que veut leur soumettre Bougainville. 

 

2)      Etude du premier texte : Fontenelle, Histoire des Oracles (1686)

 

1) Quels termes désignent les savants ?

 

Les termes désignant les savants sont : « Horstius », « Rullandus », « Ingalsterus », « Libavius » qui donne à l’époque un côté sérieux aux savants. Ils ont des titres solennels :  « savants allemands », « historien », « professeur en médecine », « autres grands hommes » et sont décrit avec des termes élogieux.

Cependant, « tants de beaux ouvrages », « belle et docte réplique » qui est une antiphrase car il y a la, le registre ironique. Il y a donc un décalage entre leur apparence de sérieux et la réalité.

 

 2) Quels indices montrent qu’ils n’utilisent pas la bonne méthode ?

 

« Le bruit courut », est une rumeur, c’est donc quelque chose de pas forcément fondé, montre ainsi que les savants se fient à une rumeur. Il « prêtant » donc il dit ce qu’il pense mais ce n’est pas prouvé « il rajoute son sentiment particulier », l’utilisation du mot sentiment qui est une émotion personnelle montre le manque de sérieux des savants, sa démarche n’est pas scientifique. Le « qui fut vrai » montre ici que les savants sont dans l’erreur, ici le narrateur montre la distance entre ces propos et met en doute la méthode des savants.

L’auteur est sur de sa méthode, on le voit par :  « assurons nous » (l’emploie de ce pronom personnel amène la complicité avec le lecteur et pourra plus facilement le convaincre) « il est vrai que », « je ne pus m’empêcher d’en parler ici », montre qu’il est sur de lui, « nous éviterons le ridicule » (il utilise le futur de l’indicatif) « rien n’est plus naturel que », «  je ne suis pas convaincu de notre ignorance », « cela veut dire que ». Ce sont des modalisateurs de certitude.

 

 3) Que critique l’auteur ?

 

L’auteur critique la crédulité de certaines personnes de l’époque. Il veut leur faire entendre la vérité par la raison et non par les superstitions et la religion. La raison doit primer sur les superstitions. On le voit par :  « prétendit qu’elle était en partie naturelle en partie miraculeuse et qu’elle avait été envoyée par Dieu » .

L’exemple des savants appuie sa thèse sur le faite d’examiner les faits avant d’élaborer des théories. En effet, ils font tout à l’inverse et aurai du commencer par vérifier que la dent était bien d’or. On peut relever dans le texte la phrase « les gens qui courent à la cause et passe par-dessus la vérité »

On retrouve l’ironie dans le texte pour discréditer. C’est ainsi qu’il critique le manque de raisonnement de certaines personnes de l’époque.

 

Problématique : En quoi ce texte est-il révélateur des Lumières ?

 

Introduction :

 

Auteur :

Fontenelle : (1657-1757), C’était un savant, un vulgarisateur scientifique et un écrivain touche à tout. En 1686, il publie entretient sur la pluralité des mondes, il va faire découvrir à un large publique les progrès de la science. Ensuite, il va faire découvrir à un large public les progrès de la science. Ensuite, il publie Histoires des Oracles. A l’époque, il y a une querelle avec les Anciens et le Modernes, il fait partie des modernes car il croit en la supériorité de la raison et de la réflexion.

Œuvre :

Histoire des oracles est un essai écrit par Fontenelle en 1687 dans lequel celui-ci dénonce la superstition en discréditant les oracles, les miracles et en semant le doute sur le surnaturel.

Texte :

Ce texte s’apparente à une fable donc une histoire accompagnée d’un enseignement. Ce texte présente un registre didactique et un registre ironique. C’est un discourt narratif, une histoire introduite par « je ne puis m’empêcher d’en parler ici ».

Le mouvement du texte : Dans le premier paragraphe nous avons la thèse  « Il faut examiner le faits avant d’élaborer des théories », dans le deuxième paragraphe, il y a l’annonce de l’exemple. Le troisième paragraphe est constitué du récit qui sert d’exemple à sa thèse :

-    Le « bruit », de la dent d’or,

-      Savants qui font des théories

-      L’orfèvre qui met à la lumière la supercherie

Enfin, le quatrième paragraphe est un élargissement à toutes les superstitions.

 

Proposition de plan n°1

 

I-                   Le rejet des superstitions

 

1)      Utilisation de l’ironie

 

L’ironie au service de la crédulité et au manque de réflexion des savants.

« Belle et docte réplique » « un autre grand homme »

Antiphrase, utilisation de l’ironie et mise en jeu de la religion pour contourner la censure

« en partie miraculeuse et qu’elle avait été envoyée de Dieu »

L’ironie dénonce la démarche maladroite des savants.

 

2)      La critique de la crédulité

 

L’auteur critique certaines personnes de l’époque qui sont assez crédule pour croire aux superstitions et à la religion. « D’autre qui s’accommode très bien avec le faux »

 

3)      Le manque de sérieux des savants

 

Les savants ne vont pas consulter l’orfèvre avant d’élaborer des théories. Il ne vérifie pas si la dent est vraie «  on commence à faire des livres et on consulta l’orfèvre » ce qui prouve un manque de sérieux des savants malgré leur apparence, ce qui n’est pas une démarche scientifique.

Les théories des scientifiques fondées sur des rumeurs => obscurantisme

 

II-                 L’éloge de la raison

 

1)      Texte apparenté à une fable

 

Structure rigoureuse du texte ; il valorise la raison en apparentant son texte à une fable car il commence par une théorie qui donne à montrer au gens la valeur de la raison dans certains cas puis il appuie sa thèse «  il faut examiner les faits avant d’élaborer des théories » par l’exemple des savants, et termine par une moral un apprentissage sur la raison humaine. La raison doit primer sur les superstitions.

 

2)      La valorisation de sa méthode

 

Il utilise des modalisateurs de certitude pour montrer qu’il est sur de lui, sur de sa méthode.

« Assurons-nous » emploie du pronom personnel « nous » qui amène une complicité avec le lecteur qui se laissera plus facilement convaincre. « il est vrai que »  « je ne pus m’empêcher d’en parler ici »  « nous éviterons le ridicule » emploie du futur de l’indicatif « rien n’est plus naturel que «  « je ne suis pas convaincu de notre ignorance » « cela veut dire que »

 

Proposition de plan n°2

 

I-                   Une composition structurée méthodiquement qui s’appuie sur l’exercice de la raison (valeur fondamentale des Lumières)

 

Premier paragraphe : La thèse soutenue

Fontenelle prône d’observer avant d’interpréter (démarche expérimentale)

Il indique ensuite ce contre quoi il faut lutter ; c’est la précipitation.

 

Deuxième et troisième paragraphe : un récit en guise de démonstration (lieu/époque) récit au passé simple avec :

-      Situation initiale : évènement d’apparence surnaturelle (dent d’or)

-      Les théories des savants (polémique)

-      Le dénouement : on consulte l’orfèvre

ð  La dent est fausse.

 

Quatrième paragraphe : élargissement du propos :

 

La troisième phrase condamne implicitement le tors causé à la science par les explications religieuses du monde « les principes qui mène au vrai » désigne les outils scientifiques qui permettre de comprendre la nature et les opposent avec « d’autres qui s’accommode très bien avec le faux » (les superstitions)

 

On trouve chez Fontenelle la satire des superstitions ce que l’on retrouvera souvent au 18ème siècle.

 

II-                 L’art de plaire.

 

Récit simple et bref

 

Il est facile à comprendre pour les personnes du XVIIIème siècle comme pour nous aujourd’hui. Cela part d’une histoire quotidienne, une dent qui pousse à un enfant.

Le récit est réduit au strict minimum « au XVIIIème siècle en Allemagne » on va directement à l’essentiel.

Au XVIIIème siècle, la forme brève est à l’honneur, on pense alors aux fables de la fontaine qui sont des récits brefs et qui donnent un enseignement.

 

Proximité, connivence avec le lecteur

L’utilisation du « nous », « Assurons-nous » il s’inclut avec le lecteur, et il utilise l’impératif « Figurez-vous » cela permet d’interpeller directement le lecteur ce qui crée aussi une proximité avec le lecteur.

ð  Le lecteur va se trouver dans de bonnes dispositions pour faire adhérer le lecteur à son propos.

 

La satire des faux savants fait sourire le lecteur

 

Ex : L’ironie « belle et docte réplique », « un autre grand homme », tant de beaux ouvrages »

ð  Antiphrase nombreuses.

ð  Faux éloges des savants, il faut entendre le contraire pour comprendre la pensée de l’auteur

Il y a des moqueries, ils veulent être connus « en la même année, afin que cette dent d’or ne manquât pas d’historiens »

« Ils ramassent tout ce qui avait été dis sur la dent »

ð  L’emploie du mot « ramasser » montre que leur technique n’est pas scientifique car on ramasse des déchets, des choses qui trainent, ce mot a des connotations péjoratives alors qu’un scientifique devrait chercher.

ð  Registre satirique : utilisation des mots latins pour discréditer les savants qui sont prétentieux et peut alors faire sourire le lecteur

 

Registre didactique est destiné à plaire

 

(On retrouve des interventions directe du narrateur avec le « nous »)

Le texte est parsemé de phrases brèves, des maximes (annonce d’une règle, d’un précepte) « Assurons-nous bien du fait avant de nous inquiéter de la cause », « rien n’est plus naturel que d’en faire autant sur toutes sortes de matières » « cela veut dire que nous avons pas les principes qui mènent au vrai mais nous en avons d’autres qui s’accommode très bien avec le faux »

ð  Antithèse : « vrai », « faux » même structure dans les deux parties de la phrase.

On retrouve cette construction « mais on commença par faire des livre et on consulta l’orfèvre » Cela présente une vérité générale et a un effet percutant, que l’on retient facilement, ces maximes sont écrits au présent de vérité générale

 

Conclusion :

 

Ce texte fonctionne comme un apologue (court récit en prose ou en vers qui contient une morale. L’apologue est apparu dès l’Antiquité) fréquemment utilisé par le Lumières. Nous avons ici un plaidoyer en faveur de la rigueur scientifique ou l’argumentation cherche à être plaisante grâce à un style ironique et séduisant.

 

 

3)      Etude du Texte 2 : Montesquieu, Lettres Persanes, Lettre CLXI

 

Recherches préalables

 

Sérail : Palais ou harem d’un prince de l’Empire Ottoman.

 

L’Orient est très à la mode au XVIIIème siècle, il fait rêver : le luxe, le raffinement, les harems,…

Les harems sont des appartements réservés aux femmes musulmanes. On confond souvent harem avec sérail. C'est une erreur passée dans l'usage. Le sérail est le palais du sultan, tandis que le harem est l'appartement des femmes.

 

QUESTION : En quoi cette lettre est-elle une dénonciation efficace de la servitude ?

 

Introduction

 

Auteur :

Montesquieu (1689-1755) Il écrivit les Lettres Persanes en 1721. Il fut élu à l’académie française en 1728 et entreprit un long voyage, au cours duquel il visita de nombreux pays d'Europe (Autriche, Hongrie, Italie, Allemagne, Hollande, Angleterre.). En 1732, il publia Considérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence, où il relate l'histoire de l'Empire romain. C’est une œuvre monumentale qui connut un fort succès. Puis il publia une autre de ces œuvres phares De l'esprit des lois. Ces deux œuvres le consacrèrent véritablement en tant que philosophe des lumières.

Œuvre : Lettres Persanes :

C’est une œuvre de fiction, un roman épistolaire. C’est un phénomène à la mode au XVIIIème siècle comme les « liaisons dangereuses ». A l’origine, ce roman épistolaire montre la correspondance avec les deux persans : Usbek et Rica qui voyagent autour du monde. Quand ils arrivent à Paris, il envoient et reçoit des lettres d’Ispahan. L’auteur utilise le regard de l’autre pour faire une critique virulente de la société de l’époque, c’est un procédé fréquent au 18ème siècle.

Ainsi, il y a une double mode à l’époque : l’Orient et le roman épistolaire.

Le texte : Lettre CLXI

C’est la dernière lettre du recueil. Elle est écrite par Roxane, la favorite d’Usbek destiné à Usbek qui est à Paris. Les quinze dernières lettres relatent la tragédie du sérail.

On voit qu’ici Roxane, avant de s’empoisonner, écrit toute sa haine à Usbek et revendique en se tuant son droit à la liberté.

Les registres :

-      Tragique : la mort de Roxane tout est joué depuis le début de la lettre.

-      Pathétique

-      Polémique

 

I-                   Cette dénonciation de la servitude est efficace puisqu’elle présente le sérail comme un lieu de tyrannie et de violence.

 

 

1)      Le sérail est présenté comme une véritable prison

 

Les indices sont : « affreux sérail »l.1 ; « gardiens »l.5

On trouve le champ lexical de la servitude : « servitude » ;  « soumission »

Usbek est comparé a un tyran car il a le droit d’affliger tous les désirs de Roxane « tes lois » ; « tes fantaisies » ; « tes caprices ».

Usbek apparait comme un enfant capricieux. Il ne prend pas en compte les désirs de sa femme. Il ne s’intéresse pas à Roxane, il ne la connait pas. On voit ici que Roxane met en Lumières les véritables conditions du sérail.

Une vraie violence est faite aux femmes.

 

 

2)      Le sérail : théâtre de plusieurs morts

 

Les eunuques ont tué l’amant de Roxane, pour se venger Roxane les tuent et s’empoisonne. « Le seul homme qui me retenait à la vie n’est plus ? », « je viens d’envoyer devant moi ces gardiens sacrilèges », « je vais mourir ».

Roxane a enfreint les lois d’Usbek, les lois du sérail pour transgresser, se détacher de sa soumission et retrouver sa liberté.

Ce qui est mis en valeur est la tyrannie du sérail ; parce qu’elle a été soumise, elle a trompé Usbek, parce qu’elle l’a trompé, les eunuques on tué son amant, parce qu’ils ont tués son amants, elle les a tué puis s’est tuée. Usbek en ai le responsable.

 

 

3)      Cette violence amène la haine de Roxane pour Usbek

 

Dans l’écriture de la lettre, cette héroïne transparait. Elle interpelle sans cesse avec de nombreuses occurrences des questions rhétoriques ou elle accuse Usbek.

 

L’aveu de Roxane apparaît comme une vengeance. Roxane révèle la vérité à Usbek qui se croyait tout puissant.

Il est loin, il est à Paris. Elle lui révèle qu’il a été aveugle, qu’elle a pu le tromper comme elle le voulait. Le lecteur va comprendre la révolte de Roxane.

 

 

II-                 Roxane revendique sa liberté et met en échec la tyrannie d’Usbek

 

1) Roxane a toujours été libre

 

  1. La tyrannie d’Usbek n’a pas fonctionné

 

Il y a beaucoup d’antithèses et des oppositions entre les apparences et la réalité.

 

Apparences

Réalité

·         « affreux sérail »

·         « j’ai pu vivre dans la servitude »

·         « tu me croyais trompée »

·         « les transports de l’amour »

 

·         « lieu de délices et de plaisirs »

·         MAIS « j’ai toujours été libre »

·         ET « je te trompais »

·         « haine »

 

ð  Ces oppositions révèlent qu’elle n’a jamais été soumise à Usbek mais qu’au contraire elle le manipulait.

ð  Elle l’a trompée et manipulé.

 

2. L’esprit de Roxane a toujours été libre

 

« Mon esprit s’est toujours tenu dans l’indépendance »

Elle oppose le lexique de la liberté avec celui de la soumission : « servitude » et « j’ai toujours été libre », on retrouve aussi le lexique de la feinte « te paraître fidèle ».

L’aveuglement d’Usbek est souligné par un hypothétique « si tu m’avais bien connu ». On voit ainsi que Usbek est manipuler et aveugle.

Elle écrit cette lettre pour se venger « vengeance a posteriori » vu que les eunuques ont tué son amant.

 

 

3. Elle revendique sa mort en étant le sujet des verbes d’action

 

Elle est le sujet des verbes d’actions et Usbek est le COD.

« je t’ai trompé » ;  « j’ai séduit tes eunuques » ; « je me suis jouée de ta jalousie » ; « j’ai réformé tes lois » ; « je te trompais ».

         Elle est sujet des verbes d’action pour revendiquer sa liberté.

 

2) Elle se libère totalement en choisissant la mort

 

  1. Roxane choisit de mourir

 

On voit dans le texte que Roxane choisit elle-même de mourir « je vais mourir » (présent qui exprime un futur proche) n’ayant plus aucune raison de vivre étant donné que son amant est mort « le seul qui me retenait à la vie » : elle suggère ainsi que sa vie au sérail était horrible.

« Je me meurs » elle est à la fois sujet et objet, elle se donne elle-même la mort.

 

2. Les étapes de la mort de Roxane : la force de persuasion du pathétique

 

-      « je vais mourir, le poison va couler dans mes veines » on voit par cette phrase qu’elle vient à l’instant de boire du poison

-      « je meurs » elle utilise le présent, cela montre que l’action du poison est rapide et rend le lecteur sensible à la mort de Roxane. Elle annonce au début de sa lettre qu’elle va mourir, et le répète quelques lignes plus tard.

-      « c’en ai fait » sa mort est présenté comme irrémédiable. La brièveté de cette phrase montre que le caractère de sa mort est désormais irrévocable.

Après, elle détaille les manifestations physiques de sa mort dans une longue énumération : « Mais c’en ai fait : le poison me consume ; ma force m’abandonne ; la plume me tombe des mains ; je me sens affaiblir jusqu'à ma haine ; je me meurs ».Tous ces détails permettent à Usbek d’assister à sa mort, elle ne veut rien lui épargner pour ainsi le torturer.

Chez le lecteur, cela va provoquer un sentiment de compassion, de pitié mais aussi de courage et d’admiration du fait de mettre en échec jusqu’au bout la tyrannie d’Usbek en se donnant la mort. On est ici dans le registre pathétique qui donne une force de persuasion. Le lecteur va être touchée et émue en se mettant du côté de Roxane contre Usbek.

 

3. Roxane apparait comme une héroïne tragique (respect, admiration du lecteur)

 

Roxane est aussi le prénom d’une héroïne tragique de Bajazet de Racine

La mort est présentée comme inéluctable et annoncée dès la ligne 3.       

La solitude de l’héroïne  

La mort de Roxane est concentrée sur un temps bref, le temps de l’écriture de la lettre.

Elle meurt par amour et pour une cause noble : la liberté.

 

Conclusion :

 

Roxane présente dans sa lettre le sérail comme une véritable prison et montre aussi la violence faite aux femmes brisant ainsi l’idée que les gens du 18ème siècle ont sur l’Orient. Ce sérail fait lieu d’un théâtre de plusieurs morts causées par la tyrannie d’Usbek. Roxane revendique sa liberté dans le texte en montrant le fait qu’elle a toujours été libre et qu’elle manipulait et trompait Usbek.

Ainsi, cette lettre est une dénonciation efficace de la servitude, en effet, elle va revendiquer sa liberté en se tuant pour mettre en échec la tyrannie d’Usbek. Elle va aussi lui avouer qu’elle le trompait et lui décrire les étapes de sa mort pour le torturer comme il lui a fait subir.

         Cette idée de liberté fait partie des idées du siècle des Lumières. Ainsi, cette lettre est un ouvrage philosophique qui veut défendre la liberté des gens.

 

 

4)      Etude du Texte 3 : extrait du chapitre 3 de Candide de Voltaire.

 

QUESTION : En quoi ce texte est-il un réquisitoire contre l’esclavage ?

 

Introduction

 

L’auteur :

Voltaire est écrivain français du XVIIIème siècle, encyclopédiste. Son œuvre est diverse: tragédies, ouvrages critiques, études historiques et contes philosophiques. Il fut historiographe de Louis XV, élu a l'académie française (1746) ce qui ne l'empêchera pas de s'exiler régulièrement car il combattit toute sa vie pour la liberté individuelle. Son œuvre immense est représentative de l'esprit français des lumières.

L’œuvre :

Candide, publié en 1759, est un récit fictif où Voltaire se moque d'un courant philosophique où on magnifie l'optimisme. Candide, le héros principal, est naïf et constatera à travers les épisodes dramatiques de sa vie que « tout n'est pas pour le mieux dans le meilleur des mondes ».

Le texte

Dans ce passage, Candide va découvrir l’horreur de l’esclavage en faisant la rencontre d’un nègre. Il va découvrir la cruauté des maitres envers leur esclave. Il va ressentir de la compassion pour cet esclave et va y montrer son émotion en versant des larmes.

 

Réquisitoire : discours ou texte qui accuse quelqu’un ou quelque chose en donnant le détail de ses fautes ou imperfections.

 

I)                   Ce texte est bien un réquisitoire contre l’esclavage puisque l’attitude de Candide en souligne toute l’horreur.

 

  1. La surprise de Candide

 

-      « Eh ! Mon Dieu ! »

Souligne le grand étonnement de Candide qui n’avait jamais rien vu de tel. Il ressent un choc important car le sort de l’esclave est impensable.

Ce qui le choc est surtout la mutilation physique « Il manquait a ce pauvre homme la jambe gauche et la main droite » et la pauvreté de son habit « n’ayant que la moitié de son habit »*

 

« étendu par terre attendant son maitre » accentue le mauvais traitement des esclaves.

« que fais-tu là, mon ami, dans l’état horrible où je te vois ? » l’interrogation montre l’incompréhension de Candide.

 

*(rf : Code noir : Le Code noir est un ensemble de textes réglant la vie des esclaves noirs dans les îles françaises, en particulier l'ordonnance de soixante articles, portant statut civil et pénal, donné en mars 1685 par Louis XIV. L'ordonnance prévoit les châtiments corporels pour les esclaves (article 42), ce qui était à cette époque une pratique admise dans le statut des soldats et des domestiques. )

 

2. Les larmes de Candide

 

Il exprime ensuite sa compassion avec « Mon ami »

L’extrait se termine sur l’émotion de Candide. Il verse des larmes et l’utilisation de « son nègre » à une dimension affective.

 

Ici, Candide semble être le porte parole de Voltaire et il est aussi le miroir de l’émotion du lecteur qui va lui aussi être choque.

 

 

 

II)                 L’esclave fait le procès de ceux qui cautionnent cette abomination

 

a. Les maîtres

 

« Venderdendur » le nom de son maître imite les accents hollandais et reflète sa personnalité :

« Vender » = vendeur ; « dendur » qui aurait la dent dure

 

Les maîtres sont responsables des mauvais traitements affligés aux esclaves : « Es Mr Venderdendur, dit Candide, qui t’as traité ainsi ? Oui, c’est l’usure » montre la généralité du fait, autrement dit que chaque maître afflige ce traitement a leur esclave.

 

b. Les européens et toute la société européenne

 

« c’est a ce prix que vous mangez du sucre en Europe »

            C’est une phrase choc qui rapproche deux réalités dénonçant les européens qui profite des mauvais traitements infligés aux esclaves afin de satisfaire un plaisir futile :

-      « On nous coupe…, on nous coupe » Il utilise le on pour généraliser toute cette société. L’esclave est COD du sujet, il utilise le « nous »on peut en déduire qu’il généralisé aussi, autrement dit, que tous les esclaves subissent le même sort.

-      L’hyperbole « Les chiens, les singes et les perroquets sont mille fois moins malheureux que nous. » réutilise encore le « nous » pour une fois de plus généraliser le sort de ces esclaves.

Cela montre que la société européenne traite de façon humiliante les esclaves et ne semble pas avoir d’humanité.

De plus : on impose une langue aux esclaves, celle de leur maître, il y a donc amputation de leur langue maternelle.

 

c. Les parents

 

« Honneur » ils présentent l’esclavage comme un honneur mais surtout comme une source d’enrichissement.

On peut supposer qu’ils ont été abusés du discours des blancs, mais on peut supposer aussi que les parents sont de mèche avec les blancs.

 

d. Les religieux

 

« Les fétiches hollandais m’ont converti »

 

Il y a la, des conversions subies et obligatoires pour les esclaves (cf. : code noir)

Ils ont un discours mensongers et hypocrites, ils prêchent pour la fraternité OR l’égalité n’est pas respectée « je ne suis pas généalogiste ; mais si ces prêcheurs disent vrai, nous sommes tous cousins issus de germains. »

 

Conclusion :

 

Dans ce texte, l’attitude de Candide montre l’abomination de l’esclavage. Il va montrer son grand étonnement et exprimer toute sa compassion et sa tristesse en versant des larmes. De plus, l’esclave accuse lui-même les quatre groupes de personnes qui cautionnent cette horreur : les maitres, la société européenne, les parents et les religieux.

Ce texte est bien un réquisitoire contre l’esclavage. On le voit par le fait que l’esclave juge lui-même les personnes qui profitent de l’esclavage pour leur confort.

L’auteur se cache derrière un personnage et une histoire pour dénoncer l’esclavage, et défendre la liberté et les droits de l’homme. On peut donc dire que c’est un ouvrage philosophique.

  

5)      Etude du texte 4 : Diderot, extrait du chapitre II du Supplément au voyage de Bougainville.

 

Questions possibles :

 

-       Comment faire triompher la raison de l’aveuglement ?

-       En quoi ce texte défend-t-il l’égalité des hommes ?

-       En quoi ce texte est-t-il une dénonciation de la société colonisatrice ?

-       Montrez que ce texte est à la fois un plaidoyer et un réquisitoire.

 

Introduction 

 

L’auteur :

Diderot (1713-1784) est un philosophe des Lumières. Ils partagent les idées évoquées dans l’Encyclopédie et en ai l’un des principaux auteurs. Il s’illustre dans de nombreux genres littéraires tel que le roman, l’essai, l’écrit philosophique. Dans ses œuvres, il délibère avec lui-même, plus particulièrement dans ses dialogues, forme privilégiée du débat.

L’œuvre :

Supplément au voyage de Bougainville est une fiction publiée par Diderot en 1772 après le voyage autour du monde de Bougainville. Dans cette œuvre très brève, Bougainville va prendre le parti du tahitien. Il expose à travers un dialogue sa réflexion sur les biens faits de la vie sauvage mais aussi sur ses inquiétudes sur la destruction que peut engendrer la colonisation.

Le texte :

C’est un extrait du chapitre II, ou un vieux tahitien s’adresse directement à Bougainville pour défendre sa liberté et son peuple en prêchant contre l’esclavage. A travers son tahitien, Bougainville va faire des reproches aux européens. Dans son discours le tahitien met en parallèle deux civilisations la sienne et celle de Bougainville. C’est ici un discours polémique car il s’oppose totalement a Bougainville.

 

I)                   Un plaidoyer en faveur d’une vie simple et en harmonie avec la nature.

 

1)      Ils sont heureux et vivent en harmonie

 

«  Nous sommes innocents, nous sommes heureux »

« Nous suivons le pur instinct de la nature »

La nature subvient à leur besoins et l’utilisation du « nous » dans « nos femmes, nos filles, nous sont communes » montre qu’ils forment un groupe uni et commun. Elles n’appartiennent à personne car ils ignorent le lien de propriété « tous est à tous »

 

Ils mènent une vie innocente qui tient lieu de sagesse.

 

2)      C’est un monde de liberté et de tolérance

 

Il y a une grande liberté de mœurs et ne semble pas y avoir de règles, de lois.

 

« Tu crois donc que le tahitiens ne sait pas défendre sa liberté et mourir ? »

La liberté est tellement importante pour eux qu’ils seraient prêts à mourir pour la défendre.

« Tu n'es pas esclave: tu souffrirais la mort plutôt que de l'être, et tu veux nous asservir! »

Il refuse l’esclavage.

« Tu es venu; nous sommes-nous jetés sur ta personne? Avons-nous pillé ton vaisseau? T’avons-nous saisi et exposé aux flèches de nos ennemis? T’avons-nous associé dans nos champs au travail de nos animaux? »

Il y a un grand souci de tolérance, en effet, ils se sont montré accueillant et respectueux envers les étrangers. C’est un discourt de liberté et de fraternité.

« Celui dont tu veux t'emparer comme de la brute, le Tahitien est ton frère. Vous êtes deux enfants de la nature; quel droit as-tu sur lui qu'il n'ait pas sur toi? »

Le « vous » montre bien la réunion de l’européen et du tahitien pour mettre en évidence leur égalité et leur fraternité. Ce vieux tahitien à un discours pacifique.

 

Nous avons des tahitiens présentés comme respectueux, sages, tolérant et en harmonie avec la nature.

Mais à l’arrivée de Bougainville tout change.

 

II)                 Un réquisitoire contre la société colonisatrice 

 

1)      Bougainville et ses hommes sont assimilés à des voleurs.

 

D’ailleurs, il l’interpelle « eh toi chef des brigands » d’une façon assez brutale.

 

«  Ce pays est à toi! Et pourquoi? Parce que tu y as mis le pied? Si un Tahitien débarquait un jour sur vos côtes, et qu'il gravât sur une de vos pierres ou sur l'écorce d'un de vos arbres: Ce pays appartient aux habitants de Tahiti, qu'en penserais-tu? Tu es le plus fort ! Et qu'est-ce que cela fait ? Lorsqu'on t'a enlevé une de tes méprisables bagatelles dont ton bâtiment est rempli, tu t'es récrié, tu t'es vengé; et dans le même instant tu as projeté au fond de toi le vol de toute une contrée ! »

Cette colonisation est assimilée au vol de toute une contrée, dans ce passage, on remarque que les européens veulent tout prendre. Cela permet d’amplifier le reproche du tahitien fait à Bougainville.

« Ici tout est à tous; et tu nous as prêché je ne sais quelle distinction du tien et du mien. »

Les européens ont apporté au tahitien une notion qu’ils ne connaissaient pas : l’instinct de propriété. L’écriture en italique du tien et du mien montre la différence fondamentale entre les deux sociétés. Le tahitien montre qu’il ignore cet instinct de propriété.

Les européens veulent s’approprié toutes les terres.

 

2)      Il leur reproche d’avoir introduit leur violence

 

« Tu es venus allumer en elles des fureurs inconnues »

Sous l’influence des européens, les tahitiennes découvre la notion de propriété et donc de jalousie, la rivalité, ce que Diderot traduit par fureurs inconnues.

« Elles sont devenues folles dans tes bras, tu es devenu féroce entre les leurs »

« Elles ont commencé a se haïr »

« Vous vous êtes égorgés pour elles »

« Elles nous sont revenus teintes de votre sang »

On retrouve la même rivalité chez les européens.

Il y a la un phénomène d’amplification. La violence introduite par les européens est amplifiée car elle touche à la fois les tahitiennes et les hommes de Bougainville.

Mais la violence est intimement liée par les européens. « nous sommes innocents, nous sommes heureux et tu ne peux que nuire à notre bonheur » l’utilisation du « ne que » montre que Bougainville ne peux que causer le malheur autour de lui.

 

3)       Le vieux sage leur reproche de ne pas être respectueux des tahitiens.

 

« Et voilà que tu as enfouis dans notre terre le titre de notre futur esclavage »

Bougainville pense que c’est une nation inférieure à la sienne car il vaut la réduire en esclavage.

« Qui es-tu donc pour faire des esclaves ? »

« Ce pays est à toi ! Et pourquoi ? Parce que tu y as mis le pied ? »

« Qu’en penserai-tu ? Tu es le plus fort ! Et qu’es ce que cela fait ? »

«Tu crois donc que le Tahitien ne sait pas défendre sa liberté et mourir? Celui dont tu veux t'emparer comme de la brute, le Tahitien est ton frère. Vous êtes deux enfants de la nature; quel droit as-tu sur lui qu'il n'ait pas sur toi? Tu es venu; nous sommes-nous jetés sur ta personne? Avons-nous pillé ton vaisseau? T’avons-nous saisi et exposé aux flèches de nos ennemis? T’avons-nous associé dans nos champs au travail de nos animaux? »

Il y a dans le texte de nombreuses questions rhétoriques pour manifester la profonde opposition et la colère du tahitien. Il y a une accumulation des reproches envers Bougainville.

Les européens s’opposent au bonheur des tahitiens. « laisse nous nos mœurs elles sont plus sages et plus honnêtes que les tiennes » Les européens veulent leur imposer leur culture. Le vieux tahitien veut conserver leurs coutumes et leur mode de vie parce que la civilisation européenne est plus barbare que la civilisation tahitienne.

Pour faire le procès de la société colonisatrice, le tahitien va utiliser de nombreuses antithèses.  « nous suivons le pur instinct de la nature et tu as tenté d’effacer de nos âmes son caractère.

Les tahitiens forment un groupe uni, on le voit par l’utilisation du « nous » : « tout est a tous » contrairement à Bougainville, avec le « tu » fréquemment utilisé dans le texte. = l’individualité de cette civilisation européenne.

« dis-nous à tous, comme tu me l'as dit à moi, ce qu'ils ont écrit sur cette lame de métal: Ce pays est à nous. Ce pays est à toi! et pourquoi? parce que tu y as mis le pied? Si un Tahitien débarquait un jour sur vos côtes, et qu'il gravât sur une de vos pierres ou sur l'écorce d'un de vos arbres: Ce pays appartient aux habitants de Tahiti, qu'en penserais-tu? »

Il y a la un parallélisme. Les blancs se permettent des choses qu’ils n’aimeraient pas qu’on leur fasse subir. C’est une preuve qu’ils ne sont pas respectueux envers les tahitiens.

 

Par la voix du vieillard, Diderot dénonce une société colonisatrice, barbare, violente, immorale, face à un monde de paix, naturel, pacifique, tolérant et libre.

La civilisation naturelle s’en trouve d’autant plus valorisée par ce contraste qui joue en défaveur de la civilisation européenne.

 

Conclusion :

 

Dans ce texte, un tahitien s’adresse directement à Bougainville pour défendre sa liberté et ses valeurs morales. Il dénonce l’esclavage et prône pour les mœurs de sa civilisation naturelle, en paix tolérante et libre.

Ce texte est à la fois un plaidoyer et un réquisitoire contre l’esclavage. En effet, dans un premier temps, le vieux tahitien va défendre sa civilisation en montrant que les tahitiens vivent en harmonie avec la nature, qu’ils sont heureux, innocents et libres. Puis dans un deuxième temps, il va accuser les européens d’introduire la violence et de nuire à leur bonheur. En utilisant de nombreux procédés oratoires comme les questions rhétoriques, parallélisme, … Il va faire triompher son point de vue.

Ainsi, le tahitien va dans la droite ligne du combat des Lumière en se référent aux valeurs de liberté et d’égalité. Le coté prétentieux des colonisateurs est à l’opposé des valeurs des Lumières.

 

  IV Documents complémentaires.

 

1)      Voltaire, Candide, Chapitre 18 (extrait)

 

Le plan du texte :

 

Premier paragraphe :

Plongée dans un univers merveilleux (moutons qui volent, luxe différent du réalisme, l’urbanisme extraordinaire.)

Deuxième paragraphe :

On retrouve ici le luxe, une hospitalité inhabituelle d’un roi accessible avec un protocole simple contrairement à la Cour de France.

Troisième paragraphe :

Une ville luxueuse, raffinée, ouvertes aux sciences et à la connaissance, on peut noter ici l’absence de répression, en faite un monde idéal.

 

Questions :

 

1)      Il y a le champ lexical de la richesse et de l’architecture : palais, portail de deux cent vingt pieds de haut et de deux cent de large, eau de rose, canne à sucre, duvet de colibri.

Les hyperboles sont : « ornées de mille colonnes » « or et pierreries » « mille musiciens » « une galerie de mille pas toute pleine »

            On nous présente ici, à un univers paradisiaque, une utopie.

2)      Les particularités de l’Eldorado présenté comme l’inverse des pratiques européennes sont en particulier la grande hospitalité du roi et le fait qu’il soit un roi accessible. Il n’y a ni prison, ni justice car le peuple est guidé par la raison, ainsi qu’une grande importance accordée à la science. Contrairement à l’Europe, les rues sentent bons.

3)      Le but de ce texte est de montrer ce que pourrai être la France si on appliquait les idées des Lumières. C’est un portrait en creux de la société française qui permet de présenter une société qui présente des idéaux.

 

2)      Rousseau P.253

 

Tant que les hommes se contentèrent de leurs cabanes rustiques, tant qu’ils se bornèrent à coudre leurs habits de peaux avec des épines ou des arêtes, à se parer de plumes et de coquillages, à se peindre le corps de diverses couleurs, à perfectionner ou à embellir leurs arcs et leurs flèches, à tailler avec des pierres tranchantes quelques canots de pêcheurs ou quelques grossiers instruments de musique ; en un mot tant qu’ils ne s’appliquèrent qu’à des ouvrages qu’un seul pouvait faire, et qu’à des arts qui n’avaient pas besoin du concours de plusieurs mains, ils vécurent libres, sains, bons, et heureux autant qu’ils pouvaient l’être par leur nature, et continuèrent à jouir entre eux des douceurs d’un commerce indépendant : mais dès l’instant qu’un homme eut besoin du secours d’un autre ; dès qu’on s’aperçut qu’il était utile à un seul d’avoir des provisions pour deux, l’égalité disparut, la propriété s’introduisit, le travail devint nécessaire, et les vastes forêts se changèrent en des campagnes riantes qu’il fallut arroser de la sueur des hommes, et dans lesquelles on vit bientôt l’esclavage et la misère germer et croître avec les moissons.

   La métallurgie et l’agriculture furent les deux arts dont l’invention produisit cette grande révolution. Pour le poète, c’est l’or et l’argent, mais pour le philosophe ce sont le fer et le blé qui ont civilisé les hommes, et perdu le genre humain ; aussi l’un et l’autre étaient-ils inconnus aux sauvages de l’Amérique qui pour cela sont toujours demeurés tels ; les autres peuples semblent même être restés barbares tant qu’ils ont pratiqué l’un de ces arts sans l’autre ; et l’une des meilleures raisons peut-être pourquoi l’Europe a été, sinon plus tôt, du moins plus constamment, et mieux policée que les autres parties du monde, c’est qu’elle est à la fois la plus abondante en fer et la plus fertile en blé.

 

Rousseau, Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmis les hommes 1755

 

 

1)      L’auteur :

Rousseau (1712-1778) est un philosophe des Lumières. Dans ses œuvres, Rousseau fait le blâme de la civilisation convaincu quelle a perverti les hommes. Il s’illustre dans divers genres littéraires et invente l’autobiographie pour se justifier des attaques dont il est l’objet. Il fait l’éloge du bon sauvage et de la vie naturelle.

C’est un philosophe de la nature et de la sensibilité. Il apparaît comme un homme incompris. Il condamne les injustices liées à la propriété et il manifeste l’importance de l’homme et de la nature.

 

2)      La civilisation de la vie idéale d’après Rousseau est a proximité de la nature. Il présente un monde idéal dans ce texte pour contester les méfaits de la civilisation. Il se réfère au mythe du bon sauvage, heureux dans une nature généreuse.

On insiste sur la modestie de leur besoin. Ils sont présentés comme libres, heureux bons et saints. La qualité de leur vie leur assure la santé et toutes ses dimensions leur procurent le bonheur. Mais en réalité, ils n’ont pas d’activité sociale et le climat n’est pas toujours paradisiaque. Ici l’homme à l’état de nature de Rousseau correspond à l’image du tahitien dans le voyage au supplément de Bougainville. Tant que leur besoins sont modérés, ils peuvent vivre libres, et sont portées à la bonté et au bonheur. La notion de propriété fait disparaître l’égalité et rend les hommes malheureux. Rousseau s’oppose à l’image de l’âge d’or (société basée sur l’agriculture et la métallurgie), ils les associent à la barbarie.

Pour Rousseau, le bonheur et la société idéale n’est possible que par la proximité de la nature dans une société primitive.

 

3)      P.227 Dictionnaire philosphique

 

FANATISME 1764

 

Le fanatisme est à la superstition ce que le transport est à la fièvre, ce que la rage est à la colère. Celui qui a des extases, des visions, qui prend des songes pour des réalités et ses imaginations pour des prophéties, est un enthousiaste ; celui qui soutient sa folie par le meurtre est un fanatique. (…)

Il n'y a d'autre remède à cette maladie épidémique que l'esprit philosophique, qui, répandu de proche en proche, adoucit enfin les mœurs des hommes, et qui prévient les accès du mal ; car, dès que ce mal fait des progrès, il faut fuir, et attendre que l'air soit purifié. Les lois et la religion ne suffisent pas contre la peste des âmes ; la religion, loin d'être pour elles un aliment salutaire, se tourne en poison dans les cerveaux infectés. Ces misérables ont sans cesse présent à l'esprit l'exemple d'Aod, qui assassine le roi Eglon ; de Judith, qui coupe la tête d'Holopherne en couchant avec lui ; de Samuel, qui hache en morceaux le roi Agag. Ils ne voient pas que ces exemples, qui sont respectables dans l'Antiquité, sont abominables dans le temps présent ; ils puisent leurs fureurs dans la religion même qui les condamne.  
      Les lois sont encore très impuissantes contre ces accès de rage : c'est comme si vous lisiez un arrêt du conseil à un frénétique. Ces gens là sont persuadés que l'esprit saint qui les pénètre est au-dessus des lois, que leur enthousiasme est la seule loi qu'ils doivent entendre.
     Que répondre à un homme qui vous dit qu'il aime mieux obéir à Dieu qu'aux hommes, et qui, en conséquence, est sûr de mériter le ciel en vous égorgeant ?

Ce sont d'ordinaire les fripons qui conduisent les fanatiques, et qui mettent le poignard entre leurs mains ; ils ressemblent à ce Vieux de la Montagne qui faisait, dit-on, goûter les joies du paradis à des imbéciles, et qui leur promettait une éternité de ces plaisirs dont il leur avait donné un avant-goût, à condition qu'ils iraient assassiner tous ceux qu'il leur nommerait. Il n’y a eu qu’une seule religion dans le monde qui n’est pas été souillée par le fanatisme, c’est celle des traités de Chine. Les sectes des philosophes étaient non seulement exemptes de cette peste mais elle en était le remède.

Car l’effet de la philosophie est de rendre l’âme tranquille, et le fanatisme est incompatible avec la tranquillité.

 

Article qui tient du blâme du fanatisme et consiste à pousser jusqu’au crime la défence passionnée de sa religion. Il compare le fanatisme à la peste car l’épidémie, la contagion se propage très rapidement, les deux sont difficiles à vaincre et mènent à la mort. C’est une métaphore filée car elle est reprise par plusieurs termes.